Ma Provence c’est ce pays où les cailloux poussent au milieu de quelques rangées de lavande…
Alors, les cailloux deviennent vite envahissants, et pour s’en débarrasser, on va les rassembler… Et, tout le long des champs, on va élever de longs tas qui servent à la fois de limites, et de protection contre le vent…
Mais, dans les champs, il n’y a pas que de la lavande…
Pendant de longues années, ces champs tondus, pelés, étaient la pâture des moutons… Des petits troupeaux, familiaux, qui n’avaient pas la chance de monter aux alpages, et qui restaient là, gardés par le grand père… Alors, pour se protéger du vent et de la pluie, les bergers construisaient des abris.
Aujourd’hui, les troupeaux ont presque tous disparus, mais, dans les champs, il reste ici et là ces Bories…
Mais ce sont des constructions fragiles, et le temps fait son œuvre…
Elles semblent venir de nul part, juste comme le témoignage de l’effort de toute une génération…
Elles tournent le dos aux vents dominants… Celle-ci fait face au Mont Ventoux, qui porte si bien son nom…
Chacune a son style… Et pour les plus petites elles n’ont comme ouverture que la porte…
La porte qui reste un des points de faiblesse. Et si, avec le temps, une pierre vient à tomber, c’est tout l’édifice qui est fragilisé…
Mais, quand on prend le temps d’y rentrer, et de lever la tête, on ne peut qu’admirer l’équilibre qui retient toutes ces pierres, et qui défit le temps et les éléments…
Enfin, en voici une, un peu plus importante, avec son enclos devant. Elle se trouve isolée, sur le plateau. On y restait plus longtemps et il fallait pouvoir rassembler les moutons, la nuit.
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