Vous vous souvenez certainement, avant de partir en longues vacances j’avais
commencé le récit d’une balade en Provence… J’ai raconté la première partie, la plus agréable… Il me faut maintenant
terminer.
Il est 13 heures et nous reprenons donc notre marche, pour rejoindre le point
prévu pour notre pique-nique… Nous aurons fait un peu plus de la moitié du chemin, mais, à partir de ce point c’est tout en descente, donc agréable et facile…
Le village nous apparaît, accroché à la colline, et on constate que tout est
envahi par la nature, sauf l’église qui a fait l’objet de soins particuliers de restauration.
Ici, au milieu de nulle part, pas question d’utiliser son
portable…
Mais les liaisons par fils téléphoniques laissent aussi parfois à
désirer…
Alors cela ne sert à rien de crier « ne coupez pas », car c’est déjà
fait !
De l’autre côté de la vallée se dresse la montagne de Lure où il reste encore un
peu de neige… Il faut dire que cette année la région a été gâtée…
Et au détour du chemin on aperçoit, enfin le lieu prévu pour la
pose…
C’est là-bas, au pied du gros arbre, au col…
D’avoir vu où on va nous rend nos jambes de 20 ans…
Et c’est plein d’entrain que nous continuons à avancer, longeons ces murets de
pierres, construits il y a bien longtemps au bord du chemin par de gens qui ne regardaient pas à leur peine…
Sur le bord du chemin le thym est encore en fleurs…

Nous approchons, le col est là, juste de l’autre côté de ce que nous pensions
être une petite vallée et qui va se présenter comme une rupture dans la colline…
Avant de penser à s’arrêter il nous faut encore descendre et remonter dans cette
pierraille…
Et enfin, c’est vers 15 heures que nous arrivons au col, au pied de ce gros chêne
qu’on voyait de loin, et qui de près semble plié de rire en nous voyant arriver, déjà pas mal fatigués…
Bien sûr, on a plaisir à regarder le chemin parcouru…
Mais, on est tout de même un peu inquiet en regardant ce qui nous
attend…
Après une courte pose nous reprenons la route, mais je dois avouer que nous
avions perdu notre belle énergie du matin…
Et comme à l’aller, le retour nous réservait quelques surprises qui nous
paraissaient encore plus dures…
Heureusement une partie du trajet se fait à couvert, et nous découvrons un très
beau chêne qu’on imagine bien jouant le rôle de l’arbre aux pendus…
Le chemin n’est pas trop fréquenté, et les fleurs ont pris le temps de pousser au
milieu…
Il est presque 17h00, et si le paysage est toujours aussi beau, nous n’avons
presque plus la force de l’admirer…

Enfin, nous pensons toucher au but, nous rejoignons le
Jabron.
Il est déjà bien sec…
Mais, la largueur de son lit vous donne une idée de ce qu’il peut devenir au
printemps ou en automne au moment des grosses pluies…
Nous attaquons la dernière partie de la promenade…
Au loin nous apercevons le vieux Noyers sur la colline… Nous n’avons qu’à
rejoindre le pied de cette colline et on est arrivés…
Une erreur en suivant le chemin et on se retrouve simplement au milieu des
champs.
Car bien sûr, je n’avais pas pris la carte, juste un petit plan et j’avais juste
« mémorisé » le trajet de la promenade…
Deux solutions s’offrent à nous… Faire demi tour, et rallonger le parcourt
d’environs 4 kilomètres, ou, passer à travers champs pour rejoindre la rivière, et la remonter jusqu’au village…
Mais, la route est encore longue, et la fatigue se fait sentir… Nous avons perdu
notre belle énergie du matin…
Après tout, on doit aller à Noyer sur Jabron, alors, nous choisissons la seconde
solution, et nous allons marcher dans le lit du Jabron pour rejoindre notre but…
Ce n’est peut être pas le meilleurs choix, car marcher dans le lit caillouteux
d’une rivière, c’est assez difficile… Et sortir du lit en escaladant une berge de presque deux mètres cela s’avère assez difficile en fin de parcourt…
Et nous sommes arrivés à notre but vers 19h00, fourbus et
contents…
Sur la fin du parcourt, à chaque pas je pensais au sourire de la vendeuse de
chaussures m’expliquant que « pour des marches occasionnelles cela serait parfaitement adapté »…J’ai mis quelques minutes à enlever mes chaussures, et j’ai découvert l’état de mes
pieds…
J’avais assez d’ampoules pour refaire l’éclairage public du village, et pendant
huit jours je n’ai mis que des claquettes…
Nous avons rapporté de cette promenade plein de photos qui m’ont donné la
possibilité de vous offrir un article…
Nous avons appris que le choix des chaussures était
important…
Nous avons compris que le temps de marche indiqué été celui de
« marcheurs » et que pour les « promeneurs » il fallait revoir cela à la hausse…
Nous savons maintenant qu’au lieu de partir à 11 heures, il vaut mieux être un
peu plus matinal.
Nous avons appris à ne pas seulement nous fier à notre mémoire et qu’il est
indispensable d’avoir une vrai carte en permanence, à portée de main…
En fin de compte, nous savons que nous devons reprendre l’entraînement cet hiver,
pour être prêts l’été prochain pour vous emmener sur d’autres chemins de Provence…