Dans ma Provence, la nuit, est un temps magique, chargé de tous les mystères...
Tous les soirs le Soleil disparaît, et il enflamme l'horizon dans une grande débauche de couleurs... En jouant avec
les nuages, il remodèle le paysage...
La Lune vient se montrer, et découpe sur les collines des formes inquiétantes... Pour ceux qui se poseraient des questions, je n'ai pas "retraité" les photos... Juste un peu de patience, pour laisser la lumière changer...
Mais parfois les Nuages viennent jouer le trouble-fête...
On s'installe sur la terrasse, toutes les lumières sont éteintes, et le spectacle commence...
Mais, me direz vous, il ne faut pas avoir grand
chose à faire de ces nuits pour faire des photos pareilles...
Je crois qu’il faut parfois ne pas en avoir assez pour bien comprendre
cette affirmation.
Dans ma Provence, l’eau est importante. Alors, quand il y en a, on en
profite.
Je vous ai déjà parlé de l’eau dans mon village, ici et là.
Mon village a la chance de se trouver dans la vallée du Jabron (mais je vous l’ai
déjà dit) et il a la chance de bénéficier d’un nombre important de sources qui coulent sur le territoire de la commune.
Mais, c’est toujours un sujet d’émerveillement pour moi… Dans notre village, nous
n’avons pas moins de quatre fontaines…
En voici deux,
Celle-ci sur la place du village…
Celle-là sur la rue principale…
Et il faut imaginer les kilomètres de canalisation qui amènent l’eau depuis les
sources car pratiquement chaque fontaine a sa source. Ainsi si l’une venait à voir son débit baisser, les autres étaient toujours alimentées…
Et bien sûr, nous avons un lavoir, qui a fait l’objet d’une belle restauration,
et en été, c’est très agréable de voir le soleil venir jouer sur les bassins…
Je peux vous assurer que c’est très agréable, l’été, d’entendre l’eau qui tombe
dans le bassin de la fontaine, et de regarder les abeilles et les papillons qui viennent s’y rafraîchir…
J’ai cherché comment l’illustrer, et j’ai trouvé ceci…
Pour beaucoup, je suis certainement « à côté » pour ce qui est de
l’illustration du thème… Mais, je vous dois quelques explications…
Cette vue est celle qu’on a en quittant Kourou, à l’aube, par bateau pour se
rendre sur les Iles du Salut…
Je voudrais vous montrer ceci…
Il s’agit de l’Ile du Diable… Ce petit coin de terre battu par les flots fut pendant 100 ans la référence en ce qui concerne le bagne en France…
Il faut imaginer cet îlot pelé, inhospitalier, écrasé de soleil ou lavé par la
pluie… Et là, des hommes, qui pour certains savent qu'ils sont coupables mais pour d'autre savent qu'ils sont innocents...
Le petit bras de mer qui sépare l’Ile du Diable de l’Ile Royale servait à la fois
d’égout pour évacuer les déchets en particulier ceux de l’abattoir mais aussi de cimetière marin pour les détenus… Seuls les gardiens et leurs familles étaient enterrés sur les Iles. Il est
certain que vu le taux de mortalité les Iles n’auraient rapidement été qu’un immense cimetière… Mais peut-on imaginer traitement moins respectueux pour la dépouille de ces
victimes…
Il faut imaginer la faune sous-marine qui habitait là…
Et quand le soir on quitte les Iles, libre de rentrer vers le continent, on est
un peu soulagé de s’éloigner de cet endroit, où l’Homme a cherché à éliminer le mal par le mal, parfois même au prix de grandes injustices et où peu à peu la Nature reprend ses
droits.
L’heure du départ approche, et je dois quitter le Salon pour gagner la salle
d’embarquement. Je dois traverser presque tout l’aéroport. Mais, j’ai le temps…
Tout est désert...
Les couloirs semblent sans fin…
Il faut passer par les sous-sols…
Ici la lumière est douce, presque filtrée…
Puis, on retrouve le niveau supérieur…
Là, on semble pris dans un piège, une nasse à poisson, qui peu à peu nous amène
vers notre point de départ…
Vous le savez déjà, mon métier m’a donné la chance de voyager. J’en ai toujours
eu beaucoup de plaisir…
Je dois le reconnaître je ne me suis pas toujours donné la peine de profiter de
mon voyage. Souvent, pris par ce qu’on croit être important, on en oublie de vivre, et pour pouvoir lire sa messagerie ou finir une présentation on ne regarde pas ce qui nous
entoure…
Mais, l’âge aidant, et l’envie de vous faire plaisir m’étant venue (sur le tard
je dois le confesser), j’ai profité d’un de mes derniers voyages pour regarder autour de moi.
J’ai eu le plaisir de passer un dimanche après midi à Roissy… Bécaud d’abord, Brel ensuite nous
ont raconté leur « Orly », alors pourquoi n’aurais-je pas mon « Roissy »…
Roissy, tel que je l’ai vu ce dimanche, m'est apparu comme le royaume des courbes
douces. Tout semble fait pour que le voyager passe, que son regard glisse…
J’ai pris plaisir à découvrir un escalier. Il mène au Salon d’attente de Air
France. Ici tout est feutré, les teintes, la lumière…
Il faut se pencher sur les détails pour saisir le contraste de cet oeil qui
semble nous regarder partir, de ce puit qui nous aspire...
Il neige partout... Alors me direz vous, pourquoi en faire un article
?
Tout simplement pour vous montrer mon village en Provence sous la
neige...
Et oui, même en Provence la neige est au rendez-vous...
Alors, je vais en profiter pour vous emmener faire un tour...
Le départ est hésitant... Pourquoi aller laisser ses empreintes sur cette belle
neige vierge, alors que je pourrais rester au chaud, dans la maison...
Le froid semble avoir tout immobilisé. Les fumées des maisons se lovent comme des
écharpes de brume dans la vallée…
Le blanc semble avoir tout nettoyé. Les champs de lavandes ressemblent à des
rangées de hérissons blottis sous la neige…
Seul le Sapin semble être à son avantage, laissant sous ses branches un havre
d’herbes sèches où viennent se réfugier les oiseaux…
Les gros chênes entremêlent leurs branches, comme pour se réchauffer
mutuellement…
Ici on retrouve la trace d’un animal qui suit la bordure des champs, à la
recherche d’un espace libre pour trouver de la nourriture…
Là un chêne n’a pas voulu perdre son feuillage et apporte enfin une tache de
couleur dans le blanc et le gris qui nous entoure…
Le petit pont de bois semble avoir retrouvé une nouvelle vigueur, mais personne
n’osera le traverser, car sous la neige comment repérer les planches fragiles qui risquent de céder sous le poids du promeneur…
Tout est silencieux. Tout est immobile. Seuls les cours d’eau font entendre leur
murmure et apportent un peu de mouvement…
Dans le village, la vie semble arrêtée. Chacun reste chez soi, et même la petite
chapelle semble endormie…
Les escaliers sont couverts de neige que personne n’enlèvera. Les portes restent
closes…
Il faudra attendra le printemps pour que l’arbre à papillons retrouve ses
couleurs et bourdonne de vie…
Nous avons prévu une halte au nord de Québec, sur les bords du lac Beauport…
Nous allons passer une nuit dans un « manoir »… C’est
superbe…
Le dîner est de grande classe… Tout est calme…
Jusqu’à ce que débarque dans la salle de restaurant un bus entier de touristes
français.
Tout le monde les attend mais, ils sont en retard parce qu’ils ont pris le temps
de regarder un match de foot à la télévision (cela ne s’invente pas). Et nous avons eu droit à l’exubérance de ces supporters après une victoire…
La nuit arrive et nous devons attendre le lendemain matin pour aller à notre
rendez-vous…
Le soleil se lève à peine quand nous embarquons dans un Zodiac. Nous sommes
harnachés comme des Terre-Neuvas et nous prenons le large, direction le milieu du fleuve…
L’attente commence, mais elle sera de courte durée, car elles sont fidèles au
rendez-vous…
Voici les baleines…
Elles vont nous accompagner pendant plus de deux heures…
Enfin il est temps pour nous de rentrer et nous allons les
laisser…
Mais avant de partir nous avons un dernier regard vers le large, qui est si loin,
car nous sommes tout de même à presque 800 Km de l’Océan, dans l’estuaire du Saint-Laurent…
Je ne sais pas combien de temps ce spectacle sera encore à l’affiche, mais se
retrouver au milieu de ces danseuses et profiter de leur ballet, c’est un souvenir inoubliable…